Rencontre CGT avec la Ministre de la Santé et de la prévention : les revendications en salle d’attente pour cause de piqûres législatives !

Dès sa nomination au ministère de la Santé et de la Prévention, la Fédération CGT de la Santé et de l’Action Sociale a sollicité une audience auprès de Madame Bourguignon afin d’aborder les solutions envisagées pour répondre à la crise traversée actuellement par l’hôpital public ainsi que par l’ensemble des établissements du sanitaire, du médico-social et du social.

Une délégation CGT a été reçue par la Ministre ce jeudi 9 juin 2022 dans le cadre d’une première réunion bilatérale, qu’elle compte initier également avec les autres organisations syndicales représentatives au sein de la Fonction Publique Hospitalière.

La CGT a pointé l’inadaptation totale des premières mesures préconisées par la mission flash sur les urgences demandée par le président de la République : réactivation des plans blancs, doublement du paiement des heures supplémentaires, appel aux jeunes diplômés et aux retraités. En effet, bien que la ministre reconnaisse la situation grave au sein des services d’urgences et dans les établissements, elle considère que ces mesures, mises en place lors de la pandémie COVID, ont « fait leurs preuves » et doivent, de ce fait, être réactivées, essentiellement dans le but avoué de « rassurer » la population dans ce climat anxiogène.

Pour la CGT, à la veille d’élections législatives, ces mesures sont un « écran de fumée » à destination de l’opinion publique et ne répondent aucunement aux légitimes revendications exprimées avec force par les salariés depuis des mois. Les personnels exigent de la reconnaissance et de la bientraitance, l’amélioration de leurs conditions de travail, de travailler moins et de gagner plus, des moyens budgétaires et humains supplémentaires pour les établissements afin d’assurer une prise en charge respectueuse et de qualité pour la population.

La CGT a exprimé l’exigence immédiate de prendre des dispositions fortes et urgentes en termes de : 

  • revalorisation salariale, 
  • de formation et de recrutement de professionnels et d’amélioration des conditions de travail. Il faut en effet des mesures qui permettraient de réduire rapidement l’état d’épuisement qui frappe les personnels toutes catégories confondues dans les établissements et de redonner une réelle attractivité à des métiers indispensables qui font vivre notre système de santé et de protection sociale. 
  • Il y a également urgence à résorber et arrêter le recours aux contrats à durée déterminée, au temps partiel non choisi et à l’intérim. 

La CGT revendique : 

  • la réintégration des collègues suspendus, 
  • la contractualisation et la rémunération des étudiants, 
  • la régulation des dossiers des médecins PADHUE, 
  • la réduction de temps de travail à 32 heures,
  • la reconnaissance de la pénibilité de nos métiers par un départ anticipé à la retraite, 
  • l’extension des 183 euros à l’ensemble des professionnels, 
  • l’arrêt de la marchandisation du secteur du soin et de la prise en charge de personnes âgées ou en perte d’autonomie. En effet, les récents scandales au sein du groupe Orpéa doivent bannir le secteur lucratif du champ de la Santé. 

La ministre n’a pas dévoilé sa feuille de route, si ce n’est sa volonté de poursuivre le travail engagé, son refus d’intégrer nos collègues non vaccinées suspendus et n’a pas commenté nos propositions. Cela interroge fortement sur les missions, le rôle et l’autonomie de ce nouveau ministère qui semble contraint par la mission flash et par l’annonce du président de la République de la mise en place de ce mystérieux « Conseil National de la Refondation».

Ainsi la santé et la prévention semblent être en « salle d’attente », alors que la mort de l’hôpital public guette, que l’hémorragie des personnels vide les établissements de ses compétences et que la population souffre du manque d’accès aux soins et du manque de capacité d’accueil dans tout l’hexagone et dans les territoires ultra marins. 

Les salariés, avec la Fédération de la Santé et de l’Action Sociale se sont mobilisés pour dénoncer les conséquences des politiques d’austérité du précédent gouvernement et de la politique patronale en matière de santé et d’action sociale qui ont engendré la situation catastrophique que nous vivons aujourd’hui.

Nous sommes déterminés à continuer le combat et à nous faire entendre afin d’améliorer notre système de santé et de protection sociale pour qu’il réponde aux besoins des salariés et de la population.

Le 17 juin ce seront les salariés de la Protection de l’Enfance qui seront mobilisés sur l’ensemble du territoire.

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